Cinq questions sur l’hypnose

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Pensive woman lying on the couch while psychologist writing

Tout le monde est-il hypnotisable ?

Selon l’échelle de « suggestibilité hypnotique » mise au point par l’université de Stamford, 5 % d’entre nous sont réfractaires à l’hypnose et 10 % seulement parviennent à entrer rapidement en état d’hypnose profonde. Mais on ignore toujours pourquoi : il n’y a, à ce jour, aucune corrélation démontrée entre la structure de la personnalité et la suggestibilité.

Quels sont ses effets thérapeutiques ?

En France, plus d’un millier de praticiens ont recours à l’hypnose. Dans certains cas, elle constitue le traitement lui-même, dans d’autres, elle facilite l’action du médecin.

Ça marche pour…

– L’arrêt du tabac : 80 % de taux de réussite. L’hypnose aide aussi à lutter contre les effets du sevrage
– L’excès de poids et la boulimie : elle exerce un bon rôle de soutien psychologique dans les cures d’amaigrissement.
– Lutte contre la douleur : elle ne remplace pas l’anesthésie, mais peut la compléter et permettre de diminuer les doses de médicaments. Elle est aussi de plus en plus utilisée en chirurgie dentaire.
– Les troubles psychologiques : stress, phobies, névroses, anxiété, mais aussi impuissance, frigidité, problèmes de trac, de mémoire, etc.
– Les troubles digestifs : ulcères, colites ou diarrhées dus au stress.
– Les maladies psychosomatiques : maladies de la peau (eczéma, psoriasis, etc.), spasmophilie, rhinites à répétition, troubles de la voix et du chant, asthme.

Ça ne marche pas pour…

– La plupart des troubles psychiatriques graves, comme les dépressions aiguës, la schizophrénie.
– Le sevrage des drogues dures.
– Les maladies chroniques graves, telles que le cancer.

Tout le monde est-il capable d’hypnotiser ?

Oui. A condition de connaître la technique. Mais certaines personnes sont plus douées que d’autres… Pour devenir un hypnothérapeute sérieux, il faut avoir fait des études de médecine ou de psychologie, c’est-à-dire être déjà un professionnel de la thérapie. Une formation en hypnose peut ensuite être suivie grâce aux cursus proposés par les associations représentant les diverses « écoles ».

Peut-on s’hypnotiser soi-même ?

Oui. En fait, les professionnels affirment aujourd’hui que toute hypnose est une auto-hypnose, le véritable pouvoir de transformation ou de guérison se trouvant dans l’esprit de la personne hypnotisée, et non dans celui de l’hypnotiseur. Il est donc tout à fait possible de s’auto-hypnotiser, mais ce n’est pas un exercice facile. Des guides pratiques et des cassettes audio pourront vous y aider. Dans un premier temps, le plus important est de mettre au point un «rituel» qui va amorcer le processus d’induction (séance tous les jours à la même heure, au même endroit, avec le même type de vêtements, etc.) ; ensuite, d’apprendre à se relaxer. Vous pouvez aussi enregistrer vos propres messages.

Le thérapeute influence-t-il inconsciemment le patient ?

 

Cette question est au centre de débats passionnés. Depuis quelques années, devant l’augmentation faramineuse de cas d’incestes découverts sous hypnose aux Etats-Unis, les spécialistes commencent à parler de «syndrome des faux souvenirs», mettant en cause le rôle de l’hypnothérapeute. Qu’en est-il ? En état hypnotique, on peut se souvenir d’authentiques événements oubliés, voire «refoulés». On peut aussi, en hypnose profonde, voir apparaître des fantasmes comme s’il s’agissait d’événements réels : leur véracité est telle qu’on ne peut les distinguer de vrais souvenirs, car notre cerveau a la possibilité de modifier ou de reconstruire un événement.

Il n’y a donc, à ce jour, aucune réponse définitive ni sur la réalité des souvenirs d’abus sexuels, de «vies antérieures», ou d’enlèvements extraterrestres découverts sous hypnose profonde, ni sur l’influence de l’hypnotiseur par un phénomène de transmission d’inconscient à inconscient, voire télépathique…

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